Le projet MESHCAP représente une innovation de rupture dans le domaine de la recherche préclinique sur le cancer du poumon. Porté par trois acteurs bretons – Biotrial, Parean Biotechnologies, et le laboratoire académique OSS (Oncogenesis Stress Signaling) – ce projet vise à développer un modèle murin inédit combinant un microbiote contrôlé, un système immunitaire humanisé et des cellules tumorales issues de patients. La genèse de ce projet et son financement ont été accompagnés par les équipes de Biotech Santé Bretagne et Altanpole Biotherapies.
Une collaboration stratégique pour relever un défi scientifique
Le projet MESHCAP s’inscrit dans la continuité d’une collaboration de longue date entre l’entreprise Biotrial et le laboratoire académique OSS, notamment à travers le laboratoire commun Oncotrial, qui regroupe les chercheurs rennais de l’unité mixte Biosit (Université de Rennes/CNRS/Inserm) et Biotrial.
Dès l’origine, le projet a été motivé par deux constats : le rôle déterminant du microbiote dans le développement des cancers et son influence sur l’efficacité des traitements, en particulier les immunothérapies ; la nécessité d’un modèle préclinique avancé permettant d’évaluer les interactions entre microbiote, immunité et cellules tumorales humaines dans un contexte contrôlé.
Grâce à Biotech Santé Bretagne, les entreprises Biotrial et Parean Biotechnologies se sont rencontrées en 2022 autour de ce sujet de recherche. “Nous ne connaissions pas encore tout le potentiel de Parean Biotechnologies, mais après plusieurs échanges, nous avons vite compris que leur expertise en phénotypage du système immunitaire et analyses de données serait un atout majeur pour le projet MESCHCAP ” explique Ulrich Jarry, chargé de développement chez Biotrial.
Une structuration et un financement ambitieux
L’accompagnement de Biotech Santé Bretagne a été déterminant en conseillant aux partenaires une labélisation du projet par le pôle Atlanpole Biotherapies. Ce processus de labélisation a permis de structurer le projet et de le challenger, aboutissant à son acceptation dans le cadre du dispositif “i-demo régionalisé“.
Démarré en septembre 2023, le projet MESHCAP bénéficie d’un financement de 1 million d’euros (Bpifrance, Région Bretagne, Saint-Malo Agglomération) pour un budget total de 2 millions d’euros.
Mieux comprendre l’impact du microbiote intestinal sur l’efficacité des immunothérapies
L’ambition du projet est de mieux comprendre l’impact du microbiote intestinal sur l’efficacité des immunothérapies. Pour cela, les chercheurs s’appuient sur un consortium de bactéries identifiées comme favorables aux traitements immunitaires. Le protocole suit plusieurs étapes clés :
- Implantation du microbiote sélectionné dans l’intestin des souris.
- Génération d’un système immunitaire humanisé, grâce à des cellules souches.
- Implantation de cellules tumorales humaines, afin d’évaluer la réponse à l’immunothérapie dans un contexte où le microbiote est favorable et contrôlé.
Chaque partenaire du projet MESHCAP joue un rôle clé grâce à son expertise complémentaire. Le laboratoire OSS est en charge de la génération du consortium bactérien, de la fourniture des cellules souches et des cellules cancéreuses. Parean Biotechnologies intervient dans le séquençage et l’analyse approfondie du système immunitaire et des bactéries constituant le microbiote. De son côté, Biotrial assure l’expérimentation in vivo sur les souris, en utilisant des isolateurs spécifiques et en implantant un système immunitaire humanisé pour garantir la fiabilité des résultats.
Où en est le projet aujourd’hui ?
À mi-parcours du projet MESHCAP, les avancées sont prometteuses. Un consortium bactérien propre a été constitué, et le microbiote introduit chez les souris s’est stabilisé sur une période d’au moins deux mois. Par ailleurs, l’équipe a réussi à induire un système immunitaire humanisé, marquant ainsi une étape clé du projet.
Les prochaines phases de recherche consisteront à vérifier si ce microbiote se transmet naturellement à la descendance des souris, puis à introduire un système immunitaire humanisé chez des souris déjà porteuses d’un microbiote stabilisé. D’ici la fin de l’année 2025, les premiers tests d’implantation de cellules tumorales commerciales seront réalisés, avant d’évaluer, en 2026, l’effet de ces modèles sur des cellules tumorales issues de patients.
Un travail d’équipe et une dynamique d’innovation
Avec des réunions bi-mensuelles entre les trois partenaires, le projet avance à un rythme soutenu. MESHCAP pourrait bien devenir un modèle de référence pour la recherche sur le cancer du poumon, en intégrant les paramètres essentiels que sont le microbiote, l’immunité et l’interaction avec les thérapies innovantes.
Une avancée scientifique qui pourrait, à terme, optimiser les traitements en immunothérapie et améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer.
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Publié le 04/04/2025